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Qu’est-ce que la GIZC (Gestion Intégrée des Zones Côtières) ?

Ou comment participer à la protection et au développement des écosystèmes côtiers.

Ou comment participer à la protection et au développement des écosystèmes côtiers.

Avant d’aborder directement la définition et la présentation du concept de GIZC, il est primordial de poser le contexte actuel concernant les zones littorales mondiales.

 Un constat de dégradation de l’environnement côtier

L’environnement côtier constitue un milieu à la fois fragile et convoité. Il est considéré comme un « éco-sociosystème » ; il s’agit donc de prendre en compte les interactions qui régissent les dynamiques naturelles et sociales.

Les zones côtières ont une importance physique et humaine considérable en tant qu’interface terre-mer ; d’une part, parce que ce sont des milieux spécifiques où des usages multiples ont cours dans des espaces soumis à des régimes juridiques divers (d’où l’existence de conflits d’usage ou d’accès aux ressources) ; d’autre part, parce que des écosystèmes complexes et très productifs se trouvent dans les régions côtières (complexité des échanges terre-mer : nourriceries de juvéniles de poissons, marais salants, ostréiculture, pollutions par exemple).

Ce sont donc des milieux vulnérables du fait des influences contraires qui s’y affrontent. La pression démographique et urbaine dans les zones côtières (60 % de la population actuelle du globe vit à moins de 50 km des côtes) qui va continuer sa progression, pèse lourdement sur l’environnement côtier et ses ressources. L’exploitation des ressources naturelles (renouvelables ou non), l’aménagement des espaces, les rejets de natures diverses sont souvent source de dégradation ou de pollution de l’environnement côtier.

 Des ressources renouvelables trop ou pas assez exploitées

Il existe une pression très forte sur les ressources halieutiques côtières (surpêche ; pollutions des zones côtières où se trouvent les nourriceries de juvéniles et l’aquaculture extensive : ostréiculture notamment ; expansion urbaine avec modification des écosystèmes côtiers). En revanche, l’exploitation d’autres ressources renouvelables comme le vent, la marée, le soleil, la biomasse est très peu développée en Europe.

Les expériences menées à diverses échelles spatiales (citons trois exemples : à l’échelle locale dans l’île de Föhr, dans le nord de l’Allemagne ; dans la région de Navarre en Espagne ; en Suède, le gouvernement développe une série d’incitants fiscaux pour généraliser le recours à la biomasse) restent insignifiantes à l’échelle européenne. La gestion intégrée des zones côtières (GIZC) et de leurs ressources est donc une nécessité.

 Qu’est-ce que la GIZC ?

La Conférence de Rio en 1992 (époque où est officiellement apparu le terme de sustainable development ou développement durable ) a permis de faire émerger de nombreuses réflexions sur la nécessité d’élargir les connaissances concernant la biodiversité côtière et de préserver et gérer durablement ces ressources. Il est évident que les mesures existantes de préservation du milieu littoral (prises bien avant Rio : pour ce qui est des ressources halieutiques, la sonnette d’alarme avait été tirée dès les années 50 par les scientifiques) sont insuffisantes. Beaucoup de raisons expliquent ce phénomène, notamment la méconnaissance du milieu littoral auquel on a voulu appliquer les mêmes règles qu’au milieu terrestre et le chevauchement des compétences de gestion de cet espace.

La gestion intégrée est une notion qui est née dans le contexte du développement durable. La définition de la GIZC tient en ces mots : « processus dynamique qui réunit gouvernement et société, science et décideur, intérêts publics et privés en vue de la préparation et de l’exécution d’un plan de protection et de développement des systèmes et ressources côtières. Instrument privilégié du développement durable des éco-socio-systèmes complexes en liant les questions environnementales, économiques et sociales. »

La GIZC n’échappe pas à la règle ; elle a pour objectif de réunir autour d’un même projet de développement durable des acteurs aux intérêts divergents et considère le littoral comme l’interface entre la terre et la mer. Il va falloir travailler sur la définition du littoral même si de nombreux scientifiques s’y sont attelés, notamment les géographes, sans pour autant trouver une définition qui satisfasse tout le monde. La Commission Océanographique Intergouvernementale de l’UNESCO a produit deux volumes, le premier en 1997 étant intitulé « Guide méthodologique d’aide à la Gestion Intégrée de la Zone Côtière », puis le second en 2001 intitulé « Des outils et des hommes pour une Gestion Intégrée des Zones Côtières ». Le premier ouvrage a pour ambition « d’aider à construire un système d’information cohérent d’aide à la décision » et le second « de guider les différents opérateurs (scientifiques, opérateurs, gestionnaires...) à travers les étapes de la démarche de planification de la Gestion Intégrée des Zones Côtières ».

L’Union européenne a publié en 1999 un programme de démonstration pour l’AIZC qui propose des principes généraux d’une bonne gestion des zones côtières en Europe, une méthodologie, des options politiques en matière de stratégie européenne d’AIZC. Ce programme a donné suite à une autre publication qui reprend les principaux projets de démonstration sur le littoral européen en exposant les étapes des projets de démonstration, le lancement du processus d’AIZC et le processus en lui-même. Le concept-clé au sein de projets de GIZC est celui de la gouvernance qui consiste en la coopération de tous les acteurs d’un même espace afin de contribuer à un meilleur développement. La GIZC en est donc à ses premiers pas et ne manquera de susciter ni les réflexions, ni les critiques à son égard.

Pour notre part, nous participerons à ce mouvement général en proposant un projet de GIZC fondé sur la reproduction en écloserie d’espèces halieutiques surexploitées. L’originalité de ce projet tient au fait que l’écloserie ne fonctionnerait qu’avec des énergies renouvelables (énergies éolienne, hydraulique et solaire, voire biomasse). Ce projet touche à la fois à la préservation des écosystèmes côtiers et à l’utilisation d’énergies propres. Il fait appel à divers acteurs (gestionnaires de l’environnement marin et littoral, scientifiques de plusieurs disciplines, architectes, pêcheurs, formateurs, édiles locaux et régionaux, citoyens).

En termes d’activités à mettre en place, plusieurs sujets sont à étudier :

- élaborer un diagnostic des espèces surexploitées (réalisation du guide des espèces pêchées au large de la Loire-Atlantique et de la Vendée),

- étudier les techniques de pêche et imaginer des techniques de pêche sélective (voir IFREMER) ,

- travailler sur les énergies renouvelables et les potentialités dans notre région,

- aborder le fonctionnement d’une écloserie, les matériaux écologiques utilisables pour construire l’écloserie,

- faire une étude sur le paysage et l’intégration de l’écloserie dans le paysage

- inventorier les impacts éventuels de cette écloserie en termes scientifiques, économiques, écologiques, touristiques, éducatifs.



Gaëlle PETITEAU,
date de publication : 13 mai 2005,
date de dernière mise à jour : 15 février 2013


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