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Le marara : Hypothèses sur sa reproduction et sa migration à Huahine

Théories sur les migrations et la reproduction du marara (Cypselurus simus) au sein de l’île du Huahine, Polynesie française.







Jusqu’à il y a une dizaine d’années, le marara (Sans doute l’espèce Cheilopogon simus, anciennement Cypselurus simus, commune dans le monde entier, et facilement observable en pleine mer et à l’extérieur de l’ile, aux abords), migrait à Huahine, passant par les passes de Fare ; la capitale, frayant sur les plages de cette même ville jusqu’à Fitii, (soit un total de 7 kilomètres), et repartaient, bien vivant, vers l’océan. Mais il semble que, progressivement, la pose, depuis les années 50 de filets au bord des passes de la capitale à considérablement diminué, jusqu’à l’« extinction », cette migration de poissons volants au sein de l’île.

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Les 5 poissons volants identifiés de Polynésie Française
Source : http://www.peche.pf/IMG/pdf/Poisson...

Les informations ci dessous, bien qu’ayant progressé, restent floues, mais on sait dès lors que cette disparition a été bien plus progressive que l’on pensait et que les mararas rejoignaient encore les plages de Fare vers 1985, d’après témoignages de pêcheurs de cette ville. Par contre, les habitants d’autres lieux de Huahine ne font plus office d’observations d’exocets dans le lagon depuis environ les années 60.

Pour l’instant, et compte tenu de nos informations, la reconstitution ci dessous se limite à de la pure spéculation ; et ne constitue, en aucun cas, une réalité totale. Les pièces de cette migration passée restent dispersées et reconstituer le puzzle pourrait durer encore bien des années ; mais il est sur que, aidé par les témoignages d’anciens, de pêcheurs, de biologistes, ou de simples spectateurs de l’époque de ce que constituait un tel spectacle de la nature, notre objectif progresse et progressera encore.

 Entrée dans la passe : Un festin pour les prédateurs

Il semble que des milliers de ces poissons volants entraient, pendant plus de deux semaines par les passes (ou l’une des deux passes ?) de Fare. De ce fait, de nombreux prédateurs profitaient de la situation : Thons et carangues, marlins (Un spécimen aurait été pêché lors d’une de ces migrations), probablement aussi des oiseaux marins, peut être des cétacés comme des dauphins (grand consommateur d’exocets). Il est tout a fait probable que d’autres prédateurs, benthiques cette fois si, profitent de l’occasion pour chasser l’exocet : gros poissons tels des mérous, des grands labres, des scorpénidés, des poissons plats.

Cette situation est analogues à un grand nombre d’autres migrations chez des espèces marines du nécton à des fins reproductives en un lieu précis ; comme les saumons (Oncorhynchus), les épinoches ou encore certains calmars.

 La reproduction : un comportement intéressant

Une fois ayant atteint le niveau de la plage, les mararas femelles enterraient leur tête à l’intérieur du sable, avant de frayer. Ce comportement, maintes fois confirmés par les locaux de Huahine, se révèle être un détail de la plus grande importance. Loin d’un comportement anecdotique, ce geste est répandu chez un grand nombre d’espèces de poissons à des fins reproductives, y compris lors de migrations. (Je le sais par déjà vu, mais j’ai oublié de quelles espèces. Je remercie à qui me le précisera, je réactualiserais l’article dans cette direction)

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Ligne de sargasses. Ces algues flottantes sont l’abri de grandes communautés de poissons, y compris les mararas dont certaines espèces y déposent leurs pontes.
Source : Islands in the Sea 2002, NOAA/OER

Il est probable que le mâle fécondait de sa semence les œufs d’une ou de plusieurs femelles. Avait t-il une femelle associée, les mâles se battaient t-ils entre eux pour féconder les pontes ? En tout cas, tel qu’en pleine mer à l’aide d’objets flottants, les œufs étaient fixés sur des supports solides : algues, rochers... des témoignages indiquent que même le dessous des quais en béton étaient utilisés par les mararas comme support à leurs pontes.

 Le développement des œufs : rapide ?

Chaque femelle pond une capsule gélatineuse, composée de plusieurs centaine, voir de milliers, de petits œufs sphéroïdaux de couleur orangée. La masse gélatineuse aide à rassembler les œufs entre eux et à les coller sur un support. Cette masse gélatineuse serait n fait composé d’un enchevêtrement de filaments blanchâtres. Notons qu’ils sont consommables (Utilisés pour les sushis au Japon), et sont appelés localement Tobiko.

Il est avéré que des espèces pondant sur des supports, comme des algues flottantes construiraient une sorte de nid ; ce comportement se retrouve chez un certains nombre de poissons utilisant des des végétaux aquatique comme support de ponte. L’épinoche en est un bon exemple. Le marara de Huahine construisait-il, lui aussi, un nid près de ces supports ? La présence d’un nid est d’ailleurs toujours signe que, une fois nés, les alevins y restaient quelque temps, protégés par les/l’un des parents. Était ce le cas à Huahine ?

D’après témoignage, le développement larvaire était très rapide, durant moins d’une semaine. Adaptation locale au grand nombre de prédateurs habitant le lagon qui doivent être friands de ces œufs, généralité chez l’espèce, généralité chez la famille ? Dans tous les cas, les œufs, une fois éclos, donnaient un certain nombre d’alevins qui, eux aussi, devaient être victime de la pression prédatoriale.

Mais pourquoi la migration durait-elle plus de deux semaines, ce qui est tout de même relativement long ? Pourquoi un développement larvaire si court ? Combien de larves finissait par rejoindre la (ou les) passes de Fare pour rejoindre l’immensité de l’océan ? Et une fois là bas, combien survivront ?



Julian ARANGUREN,
date de publication : 24 novembre 2009,
date de dernière mise à jour : 24 novembre 2009


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